4. L’UNEF dans son millieu

[message_box title= »QU’EST CE QUE L’UNEF? » color= »blue »]1. Le syndicalisme comme réponse à la loterie libérale

2. Une jeunesse centenaire : brève histoire de l’UNEF

3. Notre conception du syndicalisme

4. L’UNEF dans son milieu[/message_box]

L’enseignement supérieur compte aujourd’hui plus de 2,2 millions d’étudiants, alors qu’il n’en comptait que quelques dizaines de milliers au début du siècle. L’UNEF, en tant qu’organisation, a bien évidemment évoluée en fonction des préoccupations et des attentes du milieu étudiant. C’est sous son impulsion que la plupart des réalisations destinées à l’amélioration des conditions de vie des étudiants ont vu le jour.

Plusieurs structures bien connues aujourd’hui par la qualité des services offerts sont directement issues des Congrès de l’UNEF au cours du XXème siècle, et ont ensuite évoluées au cours des années. Certaines de ces structures mises en place par l’UNEF ont ainsi été transférées à l’Etat. Ainsi les Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS), chargés de gérer les bourses, les restaurants et les résidences universitaires, ont été mis en place et gérés par l’UNEF avant d’être transférés à l’Etat en 1955 pour devenir le service public de la vie étudiante. D’autres ont évolué pour devenir des associations loi 1901 comptant toujours aujourd’hui l’UNEF au sein de leur conseil d’administration. C’est le cas de l’Union des Centres sportifs de Plein Air (UCPA) dont la mission est de renforcer l’accès des jeunes et étudiants aux activités sportives.
Très concernée par la santé des étudiants, l’UNEF créée en 1923 la Fondation Santé des Etudiants de France (FSEF), initialement destinée à la lutte contre la tuberculose avec son célèbre sanatorium de Saint-Hilaire du Touvet, et tournée depuis plusieurs années vers les actions de « soins-études » au sein d’un réseau d’établissements médicaux destinés aux lycéens et étudiants.
Le syndicat étudiant s’est également attaché à développer le mutualisme et le coopératisme au sein du monde étudiant. L’UNEF est ainsi à l’origine de la création d’un régime spécifique de sécurité sociale pour les étudiants et d’une mutuelle nationale chargée de le gérer : la Mutuelle Nationale des Etudiants de France (MNEF) et son héritière La Mutuelle Des Etudiants (LMDE). Afin de développer la solidarité au cœur des campus, l’UNEF a développé un réseau de coopératives étudiantes regroupées au sein de l’Union des Coopératives Etudiantes de France (UCEF).
Au-delà de l’amélioration des conditions de vie étudiantes, l’UNEF s’est investie dans la création d’outils associatifs en lien avec les préoccupations des étudiants. Ainsi, l’UNEF participe au lendemain du mouvement étudiant contre le CIP en 1994 à la création de l’Association pour Faciliter l’Insertion professionnelle des Jeunes (AFIJ). L’UNEF fait également partie des membres fondateurs d’ATTAC.

Par ces réalisations, qui précèdent la mise en place d’un véritable statut social du jeune en formation, l’UNEF entend non seulement œuvrer à l’amélioration des conditions de vie étudiantes en répondant à des besoins sociaux et en ouvrant la voie à des politiques publiques qui font souvent défaut, mais elle souhaite également faire la démonstration que les étudiants peuvent gérer par eux-mêmes leurs propres affaires.

Le réseau des œuvres universitaires (les CROUS)

L’UNEF à l’initiative de la création des œuvres universitaires

Au début du XXème siècle, l’élite sociale qui constitue la population des universités finit par être touchée par les effets économiques, sanitaires et sociaux de la première guerre mondiale, puis par les conséquences de la crise de 1929. Les AGE de l’UNEF jouent alors un rôle d’entraide entre les étudiants, créent des services locaux (foyers) puis suscitent la création d’organismes nationaux. Au lendemain de la guerre, les premiers restaurants universitaires sont ainsi créés par l’UNEF et gérés par elle. C’est la qualité d’adhérent à l’AGE qui en permet l’accès.

Face aux besoins grandissants, l’Etat prend quelques initiatives. En 1919, un crédit de subventions destinées aux AGE est inscrit par le Parlement au budget. Le ministre de l’instruction publique en confie la gestion à la Commission des Recteurs, notamment pour la création des premières cités universitaires au début des années 1930. Mais c’est sous le Front Populaire en 1936 que le ministre de l’Éducation nationale Jean Zay crée le Comité Supérieur des Œuvres en faveur de la jeunesse scolaire et universitaire (CSO). À la Libération, ce comité se développe et devient le Centre National des Œuvres de la Jeunesse Universitaire et Scolaire, relayé en province par des antennes régionales dotées de statuts d’association de loi 1901.
C’est la loi du 16 avril 1955 qui confère aux œuvres un statut d’établissement public. La loi leur confie ainsi les moyens théoriques d’améliorer les services en faveur des étudiants, prioritairement la restauration et le logement. Jusqu’en 1961, l’UNEF est la seule organisation étudiante à siéger au sein de ces établissements à parité avec l’administration.
En 1987, un décret donne aux œuvres la forme et l’organisation administrative qu’on leur connaît aujourd’hui. A cette occasion, le gouvernement fait le choix de rompre la parité de représentation Etat/Etudiants dans les Conseils d’Administrations. En 1992, les œuvres se voient confier la gestion de toutes les aides directes (les bourses universitaires) à travers le Dossier Social Etudiant.

Les CROUS aujourd’hui

Il y a aujourd’hui 28 CROUS, correspondant aux différentes académies. Les CROUS sont mis en réseau et dirigés au niveau national par le Centre National (CNOUS). Ce dernier permet d’assurer l’égalité de traitement des étudiants sur l’ensemble du territoire. Le CNOUS fixe ainsi chaque année le prix du ticket de Resto U, et attribue à chaque CROUS, au travers d’une contractualisation annuelle ou triennale, des subventions d’investissements.
Au travers du rôle du CNOUS, la politique d’aide aux étudiants relève de l’Etat, et non de l’université ou d’une collectivité locale comme la Région, ce qui permet de garantir qu’elle soit définie en fonction de priorités sociales et non de critères d’attractivité de l’université ou du territoire qui la détourneraient de son objectif.
En plus de l’attribution des bourses et de la gestion des restaurants et de résidences universitaires, les CROUS gèrent également le Fond National d’Aides d’Urgence (FNAU) à destination des étudiants, et travaillent au développement culturel de la vie étudiante grâce aux aides à projets du fond « Cultur’ Action » et de multiples initiatives locales et nationales.

Le réseau des œuvres universitaires, constitué à partir de 1955, est ainsi né de l’initiative de l’UNEF, laquelle a précédé l’action de l’État dans le domaine de l’aide sociale aux étudiants. Les CROUS constituent aujourd’hui un service public de la vie étudiante indispensable, même s’ils n’ont pas reçu les moyens nécessaires pour accompagner la forte augmentation des effectifs étudiants depuis les années 60 : moins d’un étudiant sur dix peut ainsi bénéficier d’une chambre en résidence universitaire, les bourses sont insuffisantes en nombre et en montant, et la non prise en compte de la situation personnelle de l’étudiant dans le calcul des bourses conduit plus de 800 000 étudiants à travailler pour financer leurs études.

L’Union des Coopératives Etudiantes de France (UCEF)

Le coopératisme, pilier du mouvement étudiant

Afin d’apporter une réponse solidaire aux besoins sociaux des étudiants, l’UNEF développe dès les années 1920 des foyers et met en place des actions d’entraide qui seront les prémisses des œuvres universitaires. Le développement de services par le syndicat en direction de ses adhérents s’inscrit dans l’histoire du mouvement ouvrier, dont le coopératisme est un des piliers.

Aujourd’hui, l’UNEF développe de nombreux services à destination des étudiants et de ses adhérents dans ses coopératives au sein des campus. L’Union des Coopératives Etudiantes de France (UCEF) gère les différentes coopératives étudiantes et organise le développement des services.

Les nouvelles « caisses de secours » étudiantes que sont les coopératives permettent de couvrir les besoins des étudiants et de mutualiser certains services pour les rendre accessibles à bas coût. C’est une des manières de défendre les intérêts matériels des étudiants. Dès lors, les coopératives étudiantes gérées par l’UCEF n’ont pas vocation à faire de profits : elles organisent la solidarité et permettent au plus grand nombre d’accéder à des services à prix coûtant.

L’augmentation des effectifs étudiants et la création de nouvelles universités ont encouragé l’ouverture de nombreux commerces à proximité des campus, dont la préoccupation première est celle de réaliser des profits privés. La création et le développement par l’UNEF d’un réseau national de coopératives étudiantes dans la plupart des universités constituent une réponse alternative à cette logique. Dans la période de crise et de baisse du pouvoir d’achat que nous connaissons, le rôle de ces coopératives est rendu plus que jamais nécessaire pour permettre à tous les étudiants de pouvoir bénéficier de services à tarifs réduits sur les universités.

Les coopératives de l’UCEF sont organisées selon diverses modalités : elles peuvent être gérées entièrement par des militants coopératistes, soit être ouvertes par des salariés sous la direction administrative et politique de militants coopératistes. Ces coopératives ont vocation à être des vrais lieux de vie au sein des universités en faisant vivre la solidarité entre étudiants.

Les différents services proposés aux adhérents de l’UNEF :

– La carte ISIC (International Student Identity Card) : distribuée partout dans le monde, cette carte permet à tous les étudiants de bénéficier du statut d’étudiant, notamment à l’étranger pour avoir accès aux tarifs réduits culturels (musées, cinémas…). En France, elle donne aussi accès à des tarifs réduits dans de grandes enseignes.
– Les livres : au début de l’année, les étudiants doivent acquérir de nombreux ouvrages références dans leurs domaines de formation. En partenariat avec des grandes enseignes de vente, l’UCEF propose des livres à prix réduit. L’UCEF propose également des abonnements à une revue mensuelle d’actualité économique. L’UCEF organise enfin des bourses aux livres d’occasion au sein des campus.
– Les codes civils : chaque année, des dizaines de milliers d’étudiants en droit doivent renouveller leurs codes civils. Il s’agit d’un investissement important et indispensable à la bonne conduite des études. L’UCEF propose donc des codes civils à tarifs préférentiels.
– Le matériel pour les sciences : l’UCEF propose des blouses et des trousses de dissections pour les étudiants de sciences naturelles. Dans certaines facultés de médecine, l’UCEF propose les annales aux étudiants de première année.
– Les avant-premières : l’UCEF propose des services d’accès à la culture, notamment par l’accès à des avant-premières au cinéma.
– La restauration : l’UCEF propose généralement au sein de ses coopératives de la restauration froide, le plus souvent des sandwiches et des snacks.
– Les photocopies : proposées selon deux modalités : soit des photocopies gratuites (financées par des encarts publicitaires au verso), soit des photocopies payantes à prix coûtant.

Les différentes coopératives de l’UCEF sur les campus :
– Paris 1 – Tolbiac : 90, rue de Tolbiac, local B 904 (9e étage). Services pédagogiques (photocopies et reliures de documents), vente de boissons et de snacks.
– Paris 1 – Sorbonne : Place de la Sorbonne, Galerie Claude Bernard. Services pédagogiques (photocopies) et restauration (sandwiches, salades, boissons, snacks)
– Paris 6 – Jussieu : Bâtiment 31 rez-de-chaussée, site de Jussieu. Services pédagogiques (Photocopies noir et blanc et couleur, reliures de documents), restauration (salades, sandwiches, fruits, boissons, snacks, viennoiseries)
– Paris 7 – Les Grands Moulins : Rez-de-chaussée de la Halle aux Farines, 16 rue Marguerite Duras Local « Béton/Salon », service de photocopies gratuites Copy Free.
– Paris 8 – 2, rue de la liberté (St-Denis), local A 154, service de photocopies gratuites Copy Free.
– Paris 10 – 200 avenue de la République, Nanterre. Local D 01, bâtiment D. Services pédagogiques (Photocopies, Imprimantes, reliures de documents) et restauration (sandwiches, salades, confiseries, boissons)
– Paris 13 – Site de Villetaneuse, rez-de-chaussée du bâtiment Lettres et Communication, local de l’UNEF. Services pédagogiques (photocopies) et restauration (sandwiches, boissons et confiseries).
– Marne-la-Vallée – bâtiment Lavoisier
– VSQ – 47 boulevard Vauban, Guyancourt (site Vauban dans le hall) Services pédagogiques (service de photocopies gratuites avec Copy Free, polycopiés de cours) et restauration (boissons, confiseries).
– Evry – Bâtiment 1er cycle, salle B5, rue Pierre Bérégovoy. Services pédagogiques (photocopies gratuites Copy Free), snacks (confiseries, café équitable…), salle de détente
– Cergy – Maison de la vie étudiante, site des Chênes, local 106 au premier étage. Services de photocopies gratuites Copy Free.
– Aix-Marseille I – Site Schuman, local de l’UNEF. Services pédagogiques (photocopies gratuites Copy Free) et snacks (boissons et confiseries)
– Besançon – Bâtiment de Sciences. Service de photocopies gratuites Copy Free.
– Bordeaux 3 – Maison des Etudiants : service de photocopies gratuites Copy Free.
– Lyon II – Site de Bron (arrêt de tram Paris-Université) La Coop’, face au bâtiment A, à côté de l’amphi culturel. Services pédagogiques (Photocopies gratuites Copy Free), cafétéria (boissons, sandwiches, friandises), stand de prévention de La Mutuelle des Etudiants (LMDE), foyer étudiant (salle de détente et micro-ondes)
– Rennes II – Site Villejean (Maison Des Etudiants) 1er étage du bâtiment Ereve. Services pédagogiques : Photocopies et bourse aux livres.
– Strasbourg – Cafétéria de l’agora, bâtiment le Platane. Services pédagogiques (photocopies gratuites Copy Free, photocopies prix coûtant), snacks (boissons et confiseries), stands de prévention (Planning Familial et LMDE)

La Fondation Santé des Etudiants de France (FSEF)

« La Fondation Sanatorium des Etudiants tire son origine d’une initiative prise par le plus important groupement d’étudiants français, l’Union Nationale des Etudiants de France, qui est la fédération des Associations Générales d’étudiants de toutes les villes universitaires françaises et représente (…) la totalité des étudiants français. C’est au cours du congrès qu’elle tint, en mai 1923, à Clermont-Ferrand, que l’UNEF décida de créer un sanatorium spécial où les étudiants tuberculeux pourraient, tout en se soignant, garder le contact avec leurs études. » C’est par ces phrases, que le Docteur Daniel Douady ouvrait son ouvrage réalisé en 1952 concernant les sanatoriums universitaires .
Au lendemain immédiat de la première guerre mondiale, la création de la FSEF est la seule initiative destinée à protéger la santé des étudiants. Et c’est encore l’UNEF, qui, dans ce même souci, va créer la Médecine Préventive Universitaire (M.P.U.) ainsi que le Bureau Universitaire de Statistique (B.U.S.).
Pendant que dans les universités, les étudiants faisaient des collectes pour réunir les fonds, la Fondation était reconnue d’Utilité Publique par décret présidentiel du 23 mai 1925. La première construction de sanatorium se fit à St Hilaire du Touvet, et grâce à l’appui de Jean Zay, le site initialement prévu pour 120 lits, pu accueillir 200 étudiants et 50 étudiantes dans les années 1930. La Fondation ouvre très vite de nouveaux sites : Neuf Moutiers en Brie (1945), Aire sur l’Adour (1949), Vence (1950), Varennes Jarcy (1950).
Au cours des années 50, avec le recul de la tuberculose, la Fondation change de nom et devient l’actuelle Fondation Santé des Etudiants de France. Elle intervient autour de nouvelles pathologies des jeunes, notamment psychiatriques, toujours au travers d’une double prise en charge soins-études. Ce concept fondamental peut encore aujourd’hui être résumé tel qu’Alfred Rosier, élu au CNO et Jean Sarvonat, Président de l’UNEF, le posaient en 1952 : « sans négliger ni compromettre un seul instant le côté purement médical du problème que posait la condition des étudiants malades, fallait-il édifier une organisation spéciale qui leur permît de ne pas interrompre leur travail. »
Aujourd’hui présidée par Jean-Claude Colliard (Président de l’Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne) la Fondation créée par l’UNEF regroupe onze établissements sanitaires tournés vers le traitement des pathologies psychiatriques, la médecine physique et de réadaptation, et le handicap, au sein desquels elle accueille environ 2500 jeunes. La FSEF gère également des foyers d’hébergement pour étudiants en situation de handicap lourd, non autonomes, et des Bureaux d’Aide Psychologique Universitaire (BAPU).

Les anciens étudiants malades des établissements de la FSEF sont regroupés au sein de l’association Guy Renard, qui a transformé son site internet en 2009 en une plateforme d’aide aux jeunes malades scolarisés.
Plus d’information : www.fsef.net ; www.guy-renard.fr

La Sécurité Sociale et la Mutualité Etudiante

L’histoire de la mutualité étudiante est étroitement liée à celle de l’UNEF, qui a été à l’origine de la création du régime étudiant de sécurité sociale. Lors du fameux congrès de Grenoble (1946) qui adopte la Charte du même nom, l’UNEF indique qu’«en tant que jeune, l’étudiant a droit à une prévoyance sociale particulière dans les domaines physique, intellectuel et moral ». La loi du 23 septembre 1948 satisfait cette revendication en créant un régime étudiant de sécurité sociale « intégré dans le régime général sans lui être confondu ».

Non seulement cette loi du 23 septembre 1948, votée à l’initiative de la députée Marcelle Devaud, instaure un régime étudiant, unique exemple au monde, mais elle pose également le principe d’une gestion étudiante de ce régime. «Nous pensons, pour notre part, que nous ne pouvons pas faire la distinction entre les étudiants, selon leur origine et la situation de leurs parents. (…) Nous entendons que ce soit la catégorie des étudiants, en tant que telle, qui participe au régime général de la sécurité sociale (…) et nous pensons qu’il y aurait un intérêt majeur à ce que les sections de paiement s’occupant de la sécurité sociale des étudiants soient gérées par les mutuelles d’étudiants (…), mutuelles qui exerceraient un contrôle effectif, et en même temps développeraient chez les étudiants le sens de leurs responsabilités, notamment celui de leur responsabilité sociale » . C’est ainsi que le 25 octobre 1948, l’UNEF réunit les représentants de ses AGE en assemblée constitutive de la Mutuelle Nationale des Etudiants de France (MNEF). Cette assemblée décide la constitution de sections locales de la mutuelle s’appuyant sur les moyens matériels et humains des AGE de l’UNEF. Rapidement, ces sections MNEF supplanteront les sections locales universitaires (SLU) prévues dans les textes législatifs pour gérer la sécurité sociale étudiante.

Où en est la mutualité étudiante aujourd’hui ? Quels rapports entretient-elle avec l’UNEF ? Les choses ont évidemment beaucoup évolué. La création dans les années 70 des mutuelles étudiantes régionales, sous l’impulsion d’une droite revancharde suite aux évènements de mai 68, a entraîné une bipolarisation de la mutualité étudiante : la MNEF perd son monopole. Dans le même temps, l’UNEF est en pleine crise, déchirée par une scission en 1971 et ballottée par des querelles idéologiques qui traversent le mouvement étudiant après 68. Pourtant, les liens entre la MNEF et l’UNEF sous ses diverses composantes ne se sont jamais rompus.

Modes d’organisation combinés du mouvement ouvrier dès la fin du XIXème siècle, le syndicalisme et le mutualisme renouent avec des relations étroites au début des années 2000, après une décennie qui a vu la MNEF sombrer faute d’une gestion étudiante et démocratique. En matière syndicale et mutualiste, le milieu étudiant constitue une exception. Leur objet social voisin et la réalité qu’elles partagent au quotidien sur les campus ont permis à l’UNEF et à la LMDE, héritière en 2001 de la MNEF, de conserver une véritable complémentarité.

Ces liens uniques entre mutuelle et syndicat étudiants n’en ont pas moins constamment évolué, de la participation symbolique de l’UNEF jusqu’à l’investissement plein et actif de celle-ci dans la gestion de La Mutuelle Des Etudiants (LMDE). Des combats communs ont été gagnés. Montrer que les jeunes pouvaient participer à la solidarité nationale et gérer eux-mêmes leur Sécu n’avait rien d’évident au départ, tout comme le fait d’obtenir en 1996 la majorité sociale à 18 ans. L’objectif partagé de « contribuer au bien-être matériel et moral de l’étudiant » amène logiquement le syndicat et la mutuelle à travailler ensemble.

L’Association pour Faciliter l’Insertion professionnelle des Jeunes diplômés (AFIJ)

L’AFIJ (Association pour Faciliter l’Insertion professionnelle des Jeunes diplômés), est née du désir des organisations étudiantes représentatives et des mutuelles étudiantes d’intervenir concrètement pour apporter des solutions au problème de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. Depuis l’origine, l’UNEF en occupe la Vice-présidence. Créée en août 1994, suite au mouvement étudiant contre le CIP d’Edouard Balladur, l’AFIJ a été inscrite dès mars 1995 dans le plan gouvernemental en faveur des jeunes. Elle a fait l’objet d’une première convention avec l’Etat et reçoit depuis cette date son soutien. Clément Boudin, étudiant, est président de l’AFIJ depuis novembre 2009.

L’action de l’AFIJ est soutenue et financée par les pouvoirs publics. Elle reçoit des subventions du Ministère de la Jeunesse, de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur, du ministère des affaires Sociales, du Travail et de la solidarité… Grâce à la reconnaissance de son expérience, l’AFIJ a pu élargir son action auprès d’un public de plus en plus nombreux, en recueillant le soutien financier de Conseils Régionaux, de Conseils Généraux, et de Villes. L’AFIJ dispose enfin de conventions nationales avec le Pôle Emploi, l’APEC, l’ONISEP, le CIDJ, Centre Info et de conventions avec les partenaires locaux : missions locales/PAIO, ALE, services emploi, universités, rectorats…Tous les services que l’AFIJ propose aux jeunes comme aux entreprises sont entièrement gratuits.

Les actions menées par l’AFIJ

L’AFIJ a pour finalité de faciliter et d’améliorer l’insertion professionnelle des étudiants et des jeunes diplômés, en les préparant à l’accès à l’emploi au travers d’actions de terrain. L’AFIJ les accompagne tout au long de leur recherche de manière collective. Elle assure un accompagnement individuel dans le cadre d’actions ciblées auprès de publics en difficulté. Elle s’adresse en priorité aux jeunes issus de l’enseignement supérieur : étudiants d’établissements d’enseignement supérieur (STS, universités, grandes écoles, écoles supérieures privées), jeunes diplômés de bac + 2 au doctorat, mais aussi jeunes en échec durant un premier cycle universitaire, et jeunes en emploi précaire ou bénéficiaires de contrats spéciaux.
L’AFIJ propose ses services aux étudiants et jeunes diplômés dans ses 50 relais et 150 permanences.
– Une information des jeunes sur l’emploi dans diverses manifestations relatives à l’emploi dans les établissements, les salons, sur son site Internet (www.afij.org)… sur les conditions de leur première recherche d’emploi
– Des centres de documentation sur l’emploi au sein des relais AFIJ qui proposent des informations sur les techniques de recherche d’emploi, sur les secteurs, les métiers, les entreprises, mettent à disposition la presse locale et nationale, l’accès aux sites Internet emploi…
– L’organisation de modules de formation aux stratégies de recherche d’emploi qui apportent des outils et des informations pratiques pour améliorer les techniques de recherche d’emploi et qui permettent de mieux appréhender le monde du travail par un meilleure connaissance du marché de l’emploi
– La diffusion d’offres d’emploi consultables dans les accueils AFIJ et sur le site Internet
– L’organisation de rencontres entre jeunes et recruteurs : rencontres thématiques, simulations d’entretien d’embauche, forum emploi… Plus de 300 évènements organisés chaque année.
– L’accompagnement individuel de publics jeunes en difficultés (jeunes diplômés allocataires du RMI, jeunes diplômés résidant dans les quartiers en difficultés…
L’AFIJ mène également des actions auprès des employeurs : entreprises, administrations, entreprises de l’économie sociale (associations, mutuelles, coopératives…), collectivités locales…
– Une information des entreprises sur les différents types de contrats de travail, les conditions et les statuts d’embauche, sur les formations et les diplômes
– Un travail avec les 3 fonctions publiques
– L’organisation d’interfaces entre jeunes et professionnels
– La diffusion d’offres de premier emploi, de contrat en alternance, d’offres de stages sur le site Internet
– L’appui aux actions de lutte contre les discriminations des recruteurs : politique de diversification des canaux de recrutement, recrutement de jeunes travailleurs handicapés ou de jeunes femmes.
L’AFIJ a enfin vocation à intervenir auprès des établissements supérieurs pour leur proposer des dispositifs d’accompagnement de leurs étudiants vers des stages et de leurs jeunes diplômés vers l’emploi. Elle intervient dans les BAIP (bureaux d’aide à l’insertion professionnelle) et propose des modules de formation aux universités.
Une expertise sur l’insertion professionnelle des jeunes

Cette association se préoccupe des conditions d’accès au premier emploi des jeunes diplômés et interroge régulièrement ses inscrits. Le « baromètre AFIJ », enquête annuelle menée depuis 1995, a ainsi pour objectif de mieux connaître la réalité de la préparation, par les étudiants et les jeunes diplômés, de leur entrée dans la vie active. Cette enquête interroge les jeunes sur la préparation aux techniques de recherche d’emploi, leurs expériences, le recours aux institutions et organismes d’insertion professionnelle, leur intérêt pour une aide à la recherche d’emploi, ainsi que les thèmes concrets sur lesquels ils souhaitent des formations et des informations. Cette enquête permet à l’AFIJ de recueillir des données récentes relatives aux modes de recherche d’emploi des étudiants et des jeunes diplômés pour faire évoluer les services qu’elle propose.