1946-1971 • Le tournant syndical

[message_box title= »HISTOIRE DE L’UNEF » color= »blue »]1877-1918 • Des origines de l’UNEF à la Première Guerre Mondiale

1919-1945 • L’UNEF et le corporatisme

1946-1971 • Le tournant syndical

1971-2007 • De l’éparpillement à l’unité retrouvée

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Dans une France en reconstruction, l’UNEF opère un tournant historique et se réorganise. Dix ans plus tard, en pleine guerre d’Algérie, elle prend ses responsabilités et organise la résistance française en faveur de l’indépendance.

La Charte de Grenoble et l’élan syndical (1946 – 1954)

Le profond courant de renouvellement de la société française, issu de la Résistance, touche aussi l’UNEF. Quand le congrès se réunit en avril 46 à Grenoble, les étudiants partisans du renouvellement de l’UNEF adoptent la Charte qui définit l’étudiant comme « un jeune travailleur intellectuel », et par là même ayant des droits et des devoirs comme jeune, comme travailleur et comme intellectuel.
En s’appuyant sur la Charte et un important travail de conviction auprès des pouvoirs publics, l’UNEF obtient la création du Régime étudiant de Sécurité Sociale et la création de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) en 1948. L’UNEF s’implique aussi au sein de l’Union internationale des étudiants (UIE), fondée en 1946 à Prague. Malgré les tensions de plus en plus vives entre communistes et occidentaux, l’UNEF essaye de maintenir l’unité du mouvement étudiant international.
En 1950, une nouvelle direction prend la tête de l’UNEF qui recentre sur les problèmes corporatifs des étudiants. Elle développe les œuvres avec la loi de 1955 sur la gestion des oeuvres qui consacre la cogestion par les étudiants au sein du CNOUS.

La Guerre d’Algérie (1954 – 1962)

Au commencement du conflit algérien, l’UNEF refuse de prendre position et ne veut pas diviser le mouvement étudiant sur une question qui ne le concerne pas directement. Les étudiants de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) ont une position offensive sur cette question. La « Mino » se constitue alors peu à peu et pousse au dialogue entre l’UNEF et l’Union générale des étudiants musulmans d’Algérie (UGEMA) créée en 1955.
Les partisans de l’Algérie Française s’opposent à cette politique, mais au congrès de Strasbourg en avril 1956, l’UNEF décide de maintenir des liens syndicaux avec l’UGEMA, sans cautionner ses positions nationalistes. En juillet 1956, avec l’UGEMA, des membres de l’UNEF organise la conférence nationale étudiante pour la solution du problème algérien, qui reconnaît le fait national algérien.
Les étudiants restent indifférents au problème algérien jusqu’à la modification de la loi sur les sursis en 1959. L’UNEF devient l’organisation en pointe dans le combat pour l’autodétermination du peuple algérien. Elle organise un grand meeting le 27 octobre 1960 pour la Paix en Algérie et participe à la manifestation du 8 février 1962 qui finit par le drame de Charonne.

La dispersion progressive (1962 – 1971)

À partir de 1962, les générations du baby boom entrent à l’Université, alors même que la proportion de bacheliers est plus importantes que jamais dans ces générations. Au congrès de Djon en 1963, l’UNEF adopte la « ligne syndicale » et propose de mettre au cœur de la démarche de l’UNEF ce qui est commun à l’ensemble des étudiants : ses conditions de travail universitaire et sa place au sein de l’Université. En 1964, l’UNEF théorise la mise en place d’un Enseignement supérieur, instrument de la promotion sociale et d’une formation permettant une réactualisation des savoirs tout au long de la vie.

Mais les conditions sociales des étudiants se dégradent, en particulier les problèmes de logements. À la suite d’un mouvement des résidents universitaires en décembre 1963 qui font la grève des loyers, la Fédération des résidents universitaires de France (FRUF) se crée. En 1965, l’UNEF lance un mouvement de grève pour la mise en place de l’allocation d’étude qui paraît plus que jamais nécessaire.
Mais la même année, on assiste au début de la prolifération des groupuscules gauchistes. Mai 68 va faire exploser le fragile équilibre que constitue alors l’UNEF et malgré la forte présence de Jacques Sauvageot dans les événements, l’UNEF est assez absente. Cette absence, et le départ d’un certain nombre de groupes laissent l’UNEF exsangue au début de l’année 70.