1877-1918 • Des origines de l’UNEF à la Première Guerre Mondiale

[message_box title= »HISTOIRE DE L’UNEF » color= »blue »]1877-1918 • Des origines de l’UNEF à la Première Guerre Mondiale

1919-1945 • L’UNEF et le corporatisme

1946-1971 • Le tournant syndical

1971-2007 • De l’éparpillement à l’unité retrouvée

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A l’heure où être étudiant est encore un privilège, les premières associations étudiantes commencent à s’organiser à l’aube de la Première Guerre Mondiale.

1877-1907 • Les premières Associations générales

Au sortir de la Guerre de 1870, l’université française n’est plus l’université impériale telle que l’avait créée Napoléon Ier. Pour autant, elle conserve encore de nombreux archaïsmes. Les bacheliers représentent moins d’1% de leur classe d’âge en 1880, et en dehors des facultés de Droit, de Médecine qui forment des juristes et des médecins, les autres facultés sont surtout des lieux d’aimables causeries. Le corps professoral est essentiellement requis pour faire passer les épreuves du baccalauréat. Cette situation est inacceptable pour les Républicains qui arrivent au pouvoir à partir de 1879. Pour eux, il ne suffit pas de réformer l’École, ce mouvement doit aussi transformer l’Université. Au-delà de la réforme des enseignements, il faut aussi revivifier la vie universitaire. La première association des étudiants est la Société générale des Étudiants de Nancy qui se constitue en 1877, sous la présidence d’Auguste Leclaire. En 1881, se crée l’Union lilloise des étudiants de l’État ; en 1884 l’Association générale des étudiants de Paris. Ces associations vont se développer avec le soutien des autorités universitaires et locales, qui voient dans le développement des associations étudiantes un apprentissage des règles de la République, un cadre convivial évitant aux étudiants, isolés de leurs familles, de sombrer dans la dépression.

1907-1918 • De la fondation de l’UNEF à la sortie de la Première Guerre Mondiale

Le Congrès de Lille se déroule en mai 1907, à l’occasion de l’inauguration de la Maison des étudiants de Lille, dont l’Union lilloise des étudiants de l’État fait son siège. Est alors fondée l’Union nationale des associations générales d’étudiants de France (U.N.A.G.E.F.) que l’usage transforme rapidement en Union Nationale des Étudiants de France (UNEF).
Cette nouvelle Union Nationale assure plus la coordination des AGE qu’elle n’impulse une vraie politique nationale. Son rôle principal est l’organisation du Congrès national des étudiants qui formule des vœux à destination des pouvoirs publics. Les AGE qui siègent le plus souvent dans une «Maison des étudiants» offerte par les autorités municipales, offrent surtout des services aux étudiants, comme des bibliothèques, des salles d’escrimes, et une vie sociale riche. Elles organisent également des moments conviviaux comme des bals, tombolas ou des compétitions sportives. Les revendications passent souvent par le biais de monômes où l’esprit de canular n’empêche pas d’exprimer des attentes fortes. Les AGE participent aussi à la vie politique locale, quand des événements graves leur paraissent mettre en danger les intérêts des étudiant.
La première Guerre Mondiale vide les universités de leurs étudiants et enseignants. Les Associations générales sont elles aussi désertées. Elles survivent exsangues, grâce au dévouement d’étudiants réformés, ou trop jeunes pour être déjà mobilisés. Au sortir du conflit, les rangs des AGE sont décimés par les combats, et l’UNEF a perdu deux de ces anciens présidents. Le président élu en 1914, Jean Gérard de l’AGE de Nancy, convoque un Comité d’administration dès avril 1919, l’ensemble des AGE envoie des représentants. La démobilisation des étudiants anciens combattants n’est pas achevée, mais déjà les AGE sont confrontées à une situation à laquelle elle ne peuvent plus répondre, les difficultés de logement, de restauration et de santé sont telles qu’il apparaît nécessaire de porter une voix plus forte et plus efficace pour les étudiants.